L’heure d’école par Adèle Mottet*

Soyons très clairs. Y’a prof et prof!

Enseigner au lycée français de New York City, c’est une chose.

Dans la banlieue de n’importe où, c’est bien différent! Vous vous en doutez…

J’ai enseigné dans un lycée parisien, près d’un grand parc.

Les élèves applaudissaient à la fin des cours pour me remercier.

Les parents prenaient rendez-vous pour voir à quoi je ressemblais et avaient plaisir à commenter mes cours!

Autres lieux, autres moeurs.

Puis ce fut ailleurs, un collège en ZEP. Une expérience très structurante et formatrice.

J’y ai appris à être humble et j’ai pris la mesure de mon pouvoir .

Les élèves étaient d’un autre type, j’avais vingt ans et quelque, et je savais que l’arrogance serait un mauvais pari sur l’avenir!

Désarmée, j’ai dû oublier les concours, le lycée parisien et les applaudissements, pour me réveiller, le nez dans la réalité d’une banlieue ouvrière et textile.

Tout à inventer!

Mais j’avais eu quelques profs fondants et fabuleux! La chance était donc avec moi.

J’ai pris le temps: patience et bienveillance m’ont semblé constituer une belle recette. Sans oublier un zeste d’humour!

Et surtout… Les épater. Toujours essayer de les épater!

« Non ma chérie, je ne peux pas te mettre 20/20 juste parce que tu as écrit en rose! »

*Adèle Mottet est semeuse d’espoir dans les champs sémantiques de l’Education nationale

camilo josé vergaracopyright: Camilo José Vergara

 

Journalistes en herbe à Strasbourg

Capture d’écran 2016-06-27 à 12.29.20Un grand bravo à la classe de 4e Turquoise du Collège Saint-Etienne de Strasbourg qui a réalisé un formidable travail journalistique sous la direction de leur professeure de français Stéphanie Dresing!

A DÉCOUVRIR en cliquant sur le lien ci-dessous:

https://madmagz.com/fr/magazine/741585#/page/1

L’heure d’école par Adèle Mottet*

« Nous on dit bite …

On est vulgaire exprès ! On est vulgaire et on n’a pas de corps !

A la maison on se touche pas , jamais .

Mes parents sont tout le temps habillés et souvent assis ! Moi je n’ai pas de corps et ici à l’école, il faut pas bouger .

Pas de corps non plus !  »

Corps immobiles.  Paroles intelligentes : c’est ça l’école . Pas trop de vagues !

Nous on dit bite , parce qu’entre nous on dit bite , on va pas dire “phralus quand même“!!!

Evidemment ! Tu vas pas dire “phralus” et tu diras cul et boobs !

Du coups tu parles Anglais et Vulgaire ! T’es bilingue !

– Avec les filles, faudra un peu plus de délicatesse,tu sais …

– Je sais Madame , elles m’apprendront !

*Adèle Mottet est semeuse d’espoir dans les champs sémantiques de l’Education Nationale

Paola Beskow_

Idomeni camp, one month ago…

One month ago, we went together Anna and I to the Idomeni refugees’ camp.

 

We spent a day there, we took pictures, we talked with people, mostly from Syria.

 

We listened their stories, we played with some children, we watched some other of them, lost in the middle of nowhere, lost in their minds, lost in Europe.

 

This morning, those people we met one month ago are being evacuated.

Medias have to stay at least 3 kilometers from the camp.

We do not know yet where the refugees will be moved.

 

We think about those people we met in the middle of nowhere.

 

Everybody knows.

 

Many are watching behind screens.

 

Few care about.

 

But some will not forget.

 

Never…

Claudine Girod/citizenclo/BWB PRESS

 

Anna Marinaki/April 2016

« pain, éducation, liberté »!

Athens, Exarcheia, 2016

 

En novembre 1973, les étudiants de l’Ecole Polytechnique d’Athènes décident l’occupation de l’université et mettent en place une radio clandestine.

« Ici Polytechnique ! Peuple de Grèce, Polytechnique est le porte-drapeau de notre combat, de votre combat, de notre combat commun contre la dictature et pour la démocratie ». « Pain, éducation, liberté »!,  lancent-ils sur les ondes à l’adresse de la population.

Plusieurs dizaines d’entre eux trouveront la mort lorsque la Dictature des Colonels leur enverra les chars pour faire évacuer les lieux.

Dans ce même quartier, en décembre 2008, la mort d’un adolescent, Alexandros Grigoropoulos, tué par balle par un agent de police, déclenche un soulèvement à Athènes.

 

©citizenclo /2016/BLOGGERS WITHOUT BORDERS/BWB PRESS