Au lendemain des attentats de Bruxelles, le ministre de l’Intérieur a déclaré : « Ceux qui nous frappent utilisent le Darknet ». Le coupable est enfin trouvé. C’est grâce à ce réseau sombre et nébuleux – aussi appelé dark web – que les terroristes peuvent agir. Tor doit être banni du territoire et les outils de chiffrage ouverts aux autorités policières. Les accusations portées sont globalement vides de sens. Les programmes de surveillance sont structurellement inefficaces et le « blocage du Darknet » totalement illusoire. La quête éternelle du bouc émissaire conduit à un amalgame dangereux qui confine désormais à la désinformation. Par Jean-Philppe Rennard, Professeur Management et Technologie, Doyen du Corps Professoral , Grenoble École de Management (GEM)*