De l’usage du tabac en milieu diplomatique

De l’usage du tabac dans le monde diplomatique 

Par ces temps de chasse à ces fumeuses de sorcières, la lutte anti-tabac revêt parfois des atours fort peu engageants… De là à affirmer que fumer est devenu un acte politique, il n’y a qu’un pas que l’on pourrait bien allégrement franchir quand on souffre du manque de … nicotine…

Quand l’ostracisme touche les fumeurs au point qu’une entreprise française de conditionnement de poulets affirme sans vergogne à ses employés que s’ils veulent s’en griller une, ils n’ont plus qu’à demander l’asile nicotinique à leur véhicule privé…

Lorsque l’on efface les cigarettes à la bouche de nos grands hommes – sans parler des femmes – l’on peut tout de même s’interroger sur les mobiles et les modalités de la lutte anti-tabac…

Le tabac, cette plante dont Molière vante les vertus – certes dans la bouche de Sganarelle – dans Dom Juan, le tabac serait donc devenu LE fléau mondial…

Loin de moi l’idée de remettre en cause les dangers réels provoqués par un usage abusif et obscurantiste de ce produit nommé tabac… certes une drogue… comme bien d’autres, n’est-il pas ? Et convient-il de rappeler, fumer fait partie des droits du prisonnier selon les Conventions de Genève…

Pour la Journée Mondiale Sans Fumée, l’Organisation Mondiale de la Santé a lancé a propos une campagne de prévention basée sur une approche non stigmatisante des personnes dépendantes à la nicotine. Good idea ! Le slogan : « Pas de fumée à l’intérieur ». Ce, en présence de deux ambassadeurs musiciens repentis de la cigarette : Renaud, le chanteur populaire française devenu un « ayatollah de la cigarette » comme il se définit lui-même, et le Suisse Sarclo venu en compagnie de son fils.

Petit couac plein de sens en matière de communication néanmoins : Une faute de traduction sur les bracelets couleur bleu ciel portant le slogan, distribués généreusement à l’OMS. La version francophone du slogan de la lutte anti-tabac cette année a – bien malgré elle – pris des accents latins… pour se transformer en: « Pas de fumée à l’intériur »…

Obviously, la Francophonie n’est pas en pleine santé… A la Vôtre de santé et à votre prochaine visite sur SousLesPavésLaPage2007. En attendant, je file m’en griller une (sic !)… Ou je repars en Espagne où les lieux de vie collectifs affichent à l’entrée « Se permite fumar »…

Claudine Girod/Palais des Nations/Office européen des Nations Unies à Genève

Chronique onusienne publiée dans La Lettre hebdomadaire du Journal de Genève et de la gazette de Lausanne