Le syndrome Iphigénie/Journal extime/Part 3/2012-2015

Un billet intitialement publié en 2012 qui hélas n’a pas pris une ride… Kalimera les bloggeuses et les bloggers!

Isse kala? Poli kala? Malgré la Kata-strophe…

Du triple A au triple KA, il n’y a qu’un pas!

 

Je sors enfin de ma caverne pour me replonger dans les eaux troubles de notre monde numérique

Je n’ai pas trouvé Platon et cherche toujours le fil d’Ariane de nos mythes contemporains

Depuis l’Opération Calypso de 2007

Souvenez-vous www.https://citizenclo.wordpress.com/2007/07/20/journal-extimepart-two/

 

Il en a coulé de l’eau sous les ponts Bon, tant que l’on n’y dort pas sous les ponts…

C’est presque l’Olympe par les temps qui courent

Où il devient vraiment difficile d’imaginer Sisyphe heureux

 

Touchez-en donc un mot aux Grecs si vous ne me croyez pas…

Europe erre à la recherche de son taureau qui se demande si l’on peut encore être espagnol

Tout le monde se sent bien cornu

D’un bout à l’autre du vieux continent

 

La louve romaine craint pour ses petits

Eux aussi dans les griffes de l’aigle d’outre Rhin

Le bestiaire des peuples européens tourne à l’arche de Noé – celui de Matrix évidemment, pas l’autre –

 

E la nave va

Avec à la manoeuvre, les basses oeuvres de crocodiles politiciens asservis par des financiers reptiliens

Le tout sous l’oeil complaisant de médias serviles Prêts à jeter la première pierre

 

En témoigne l’entrefilet qui suit pêché sur le site  Info en danger

 « Des milliers de  journalistes en Grèce ont perdu leur emploi dans la presse en raison de  la crise. Le blogueur grec Pitsirikos ne comprend pas pourquoi ils ne se tournent pas vers les médias en ligne, lit-on dans la revue de presse «Eurotopics». « Ils ont à disposition des blogs, des stations de radio et chaînes de  télévision en ligne, et bien d’autres choses – c’est même gratuit. La  passivité de la majorité des journalistes qui ont perdu leur emploi  montre qu’ils n’avaient rien à faire dans le journalisme avant de perdre leur emploi. Cela semble peut-être sévère de dire ça, mais ça ne l’est  pas. Où sont tous ces journalistes, dont les reportages et les  chroniques paraissaient quotidiennement dans les journaux et les  magazines ? Nulle part. … Il est aisé de pester contre les patrons pour  lesquels on avait jusque-là docilement travaillé. Il est aisé,  également, de râler contre les collègues qui travaillent encore pour ces patrons. … Ce qui est plus difficile, c’est de prendre en main son  propre destin – seul ou en coopération avec d’autres journalistes. »
Prendre son destin en main… Certes. Travailler en coopération avec d’autres journalistes… Je signe.
(E)Migrer sur le Net, j’ai commencé en 2006 en lançant  Sous Les Pavés la Page sur le site de la TdG.

Il ne faudrait cependant pas occulter deux écueils de taille.

 

Tout d’abord, bon nombre de journalistes, pourtant passionnés par leur métier, sont écoeurés par ce que la profession est devenue depuis la guerre en Irak.

Sans compter qu’ils sont lassés de fournir un travail non rémunéré tandis qu’un véritable dumping a créé un nouveau précariat des médias.

Ensuite, les promesses d’une utopique démocratie Internet sont bien loin d’avoir été tenues. Et la qualité des médias en ligne reste bien inégale quand elle n’est pas tout bonnement forfaiture.

L’infobésité et le « tous-média » ne risquent-ils pas de tuer le journalisme, profession née au 19e qui pourrait bien être rayée du paysage au 21e?

 

Ce n’est pas jouer les Cassandre quand on sait qu’outre-Atlantique la nouvelle tendance consiste désormais à faire écrire des articles par des ordinateurs et assurer le secrétariat de rédaction à des sous-traitants basés dans des pays en voie de développement… Et que de sérieux analystes demandent sans détour: « A-t-on encore besoin de journalistes? »

Depuis 2007, date à laquelle j’ai quitté la Tribune de Genève avant de m’exiler dans une des capitales de l’Union européenne, je nourris le rêve d’une véritable coopérative de bloggers et de journalistes, d’artisans post-modernes de l’information.

 

Embryonnaire, BWB/Bloggers Without Borders www.bloggerswithoutborders.wordpress.com BWB Press http://www.bwb-press.org se pense comme une sorte de guilde capable de redonner ses lettres de noblesse et sa mission civique à l’information.

Nous avons les réseaux, les compétences, l’expérience, les connections… Mais pas les capitaux suffisants. Et dans notre chère vieille Europe, quelles fondations ou généreux donateurs seraient prêts à investir pour la liberté de l’information comme le font les Nord-Américains avec ProPublica?

Alors, où sont passés les journalistes grecs? Je pense hélas qu’ils se demandent comment ils vont faire bouffer leur famille. Tout comme le tiers de la rédaction d’El Pais qui vient d’être remerciée…