Migrants: le silence coupable des dirigeants africains

African migrants stranded on a boat coming from Libya wait for rescue services, near Sfax, on the Tunisian coast, on June 4, 2011. Between 200 and 270 migrants fleeing the conflict in neighbouring Libya went missing on June 2 off of Tunisia, while nearly 600 others were rescued alive after their boat capsized. AFP PHOTO / HAFIDH (Photo credit should read HAFIDH/AFP/Getty Images)

African migrants stranded on a boat coming from Libya wait for rescue services, near Sfax, on the Tunisian coast, on June 4, 2011. Between 200 and 270 migrants fleeing the conflict in neighbouring Libya went missing on June 2 off of Tunisia, while nearly 600 others were rescued alive after their boat capsized. AFP PHOTO / HAFIDH (Photo credit should read HAFIDH/AFP/Getty Images) CONAKRY/ Par MAMADOU* Le 6 juin, près de 2000 migrants ont été secourus au large de la Méditerranée. Le 7 Juin, pas moins de 500 autres à bord de quatre embarcations en détresse sont repêchés au large des cotes italiennes. A chaque jour, son lot de désespérés dans la Grande bleue devenue un cimetière. Un épineux problème qui tourne au casse tête pour lEurope, plus particulièrement pour l’Italie là où débarquent des milliers d’immigrés presque chaque semaine. Des demandeurs d’asile majoritairement venant d’Afrique… Les migrants, en proie à des difficultés économiques, politiques et sociales exécrables, sans aucun espoir en Afrique, bravent la mer au péril de leur vie. Pourtant, toujours aucune réaction dans les rangs de leurs dirigeants. L’Afrique se vide de ses bras valides petit à petit… Cela ne semble pas être une préoccupation pour ses gouvernants. Tous, pendant leurs campagnes politiques successives, n’ont eu de cesse de jurer au grand dieu que la jeunesse est la priorité absolue de leurs mandats, qu’elle est l’avenir de ce continent… Mais de quel avenir peut-on parler pour l’Afrique?  L’avenir se prépare aujourd’hui… Chaque année, des milliers de diplômés d’universités africaines se trouvent condamnés au chômage. Entre modifications de constitutions, élections truquées, enrichissements illicites, comment la jeunesse peut-elle trouver sa place? Perdue dans ses condamnations de principe lorsqu’un coup d’Etat se produit contre un de ses membres, l’Union africaine est quasi inexistante dans la recherche de solutions aux crises qui assaillent le continent. Elle ne fait aucun effort efficace pour endiguer l’esclavage auquel se livrent des passeurs sans scrupules, prêts à tout pour s’enrichir. Comment comprendre que les responsables africains ne se mobilisent pas? Ne sont-ils pas les premiers concernés par la mort de leurs fils qui périssent en mer? L’Union européenne, quant à elle, est en proie à de prochaines divisions en matière de politique migratoire. Les propositions de quotas avancées par la Commission européenne ont rencontré non seulement l’opposition de plusieurs Etats membres – à commencer par la France même s’il a infléchi sa position – qui arguent qu’ils « font débat beaucoup ». Les gouvernements européens semblent comme tétanisés par des considérations de politique intérieure, conscients qu’une partie de l’opinion publique est chauffée à blanc par des partis d’extrême droite. Tandis qu’une autre franche de la population s’efforce d’attirer l’attention sur la catastrophe humanitaire. Cette semaine, un bateau avec à son bord des migrants a abordé symboliquement au Parlement européen de Strasbourg. Pendant ce temps, les migrants déferlent sur les côtes de la Méditerranée et sont désormais bloqués, comme hier, à la frontière italienne avant d’être tout bonnement dispersés sans ménagement par les forces de l’ordre. A l’opéation «Mare Nostrum» a certes succédé «Triton». Ses moyens restent limités et nombre d’ONG critiquent son manque d’efficacité et son absence de vue globale. La construction de camps de détention dans certains pays africains (Niger, Cameroun …), où les migrants seraint acheminés, la destruction de bateaux utilisés par les passeurs sont des mesures envisagées qui sont loin de faire l’unanimité sur le Vieux continent qui ne parvient manifestement pas à définir une politique migratoire commune. La situation devenue explosive en Libye ne fait qu’aggraver la situation. L’intervention militaire qui a conduit à la chute de Mouammar Kadhafi se solde sur le terrain par un véritable chaos. Désormais, des groupuscules opèrent des trafics en tout genre dans l’impunité la plus totale. Le business dee passeurs sans foi ni loi est florissant… *MAMADOU est un pseudonyme choisi par l’auteur de l’article pour des raisons de sécurité.