Sous les pavés, la page

Bonjour à toutes et à tous!

La petite rengaine sur la crise des médias, elle a un air de déjà entendu… Certes, me direz-vous. Mais à l’heure d’une « Presse sans Gutenberg« ( 1), difficile de ne pas se demander si la troisième révolution industrielle que nous traversons ne risque pas de signer la mort d’un certain journalisme… Et tenter de creuser, sous les pavés, à la recherche de la Page… Dans l’espoir de découvrir quelques trésors cachés, qui sait?

Soyons clairs. Loin de moi le désir de jouer les Cassandre… Les mauvaises nouvelles ne sont jamais bonnes à dire. C’est pourtant souvent le lot de notre profession. Nous, journalistes, tentons de « reporter » – au sens de rendre compte – pour, peut-être, contribuer à faire en sorte que le monde dans lequel nous vivons nous échappe un peu moins, qu’il devienne un brin plus intelligible. Il en va de la santé démocratique de nos sociétés, une fonction de ce métier qu’il n’est pas toujours de bon ton de rappeler…

Or, la presse est désormais écartelée entre deux mondes: le réel et le cyberspace. Ce fait est incontestable. En moins d’une décennie, la Blogosphère a connu une croissance explosive. Combien de sites internet et de blogs aujourd’hui? Sans parler de demain… Un fossé croissant sépare les médiateurs et leur public; le fantasme du « Tous journalistes » gagne du terrain; l’illusion de la gratuité de l’information aussi…

« Au coeur de la crise de notre métier se trouve la question de la légitimité. Au delà de la réalité matérielle et de la crise économique de nos industries de presse, notre statut d’experts de la production de l’information est remis en cause », déclarait Edwy Plenel, lors d’un récent Atelier du journalisme à Lausanne. Et l’ancien rédacteur en chef du Monde d’appeler, dans le but de retrouver la légitimité perdue, à gagner la « bataille des contenus » comme celle des agendas. Dans un monde globalisé où les stratégies de communication priment, le journalisme – dont la mission première reste l’information – se trouve chargé d’une responsabilité morale supplémentaire.

Si désinformation, déformation, manipulation ne sont en rien des menaces nouvelles, elles risquent d’être potentialisées par l’outil internet, son immédiateté et sa nature intrinsèquement globale qui ont complètement chamboulé les méthodes de travail des rédactions. D’autant que la troisième révolution industrielle induit de profondes fractures numériques géopolitiques, socio-culturelles et intergénérationnelles. En cela, la Crise des médias de ce début de 21e siècle mérite bien une majuscule.

Mais une Crise, aussi rude soit elle, se dépasse. Il faut toujours imaginer Sisyphe heureux…

A l’heure où « Citizen July » quitte Libération, Paris Match fait grève et France Soir se meurt… et où la presse romande traverse elle aussi des zones de turbulences…

A l’âge de la société de l’information – et de la surinformation – ce blog vous invite à réagir sur l’actualité des médias.

A bientôt,

1) Jean-François Fogel et Bruno Patino. Ed Grasset

15 Comments

  1. Lettre à Edmée.

    Chère Edmée, c’est Edmond qui vous parle.

    Nous ne nous connaissons pas encore mais sachez qu’Edmond est à Edmée ce que le Yin est au Yang, ce que le noir est au blanc… ce que Saint-Pierre est à Miquelon ! Je suis votre indissociable opposé, la face cachée de votre personnalité que vous essayez de dissimuler derrière le masque… et la plume.

    Que de souffrances vous devez endurer ! Et quel dur métier que le vôtre ! Etre critique et auteur à la fois vous oblige parfois, en tant qu’auteur, à vous mettre dans des situations critiques ! Car au fond de vous même, vous les aimez bien, ces « quivoussavez », objets de toutes vos vindictes.

    Bon, d’accord, le départ fut poussif, je vous le concède ! Mais bon, comme la tortue de la fable, « elle part, s’évertue, se hâte avec lenteur ». Edmée, de son côté, « méprise une telle victoire » et « tient la gageure à peu de gloire » en croyant qu’il y va de son honneur que de vitupérer de bon coeur.

    Mais Edmond est là pour vous rappeler qu’il faut distinguer la ténacité de l’obstination : savoir insister et persévérer au bon moment, mais savoir aussi se retirer et renoncer quand il le faut.

    Les « quivoussavez » avancent vers leur objectif et lorsque vous conviendrez qu’ils touchent presque au but, vous partirez comme un trait… de plume. Mais ne sera-t-il pas trop tard ?

    J’ose donc un conseil, chère Edmée : méditez cette phrase de votre compatriote Louis Dumur et faites la vôtre : « Avoir de l’esprit n’est pas suffisant, il faut en avoir avec esprit » !

    Votre dévoué

    Edmond

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  2. @Laulau:
    Gracias por este 8 de Marz y estos momentos fuertes. Me voy por la capital… pensado en tus palabras.
    Abrazo, Clau

    @Positive Searcher:
    Welcome on « sous les pavés la page » and many thanks for your comment. It’s useful to know we really blog for virtual readers. Hope to see you soon… Take care!

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