Les Illusions perdues de la Canebière

Amici!

Pardonnez-moi pour ce silence imposé lors d’un week-end pourtant événementiel… Historique… Symptomatique…

Mais trouver un cybercafé à Marseille n’est pas chose aisée. « C’est un peu le Moyen-âge », commentait hier un serveur au seul endroit où l’on pouvait espérer prendre un café dans une gare Saint-Charles en travaux depuis cinq ans…

Un expresso (!) pour se remettre des émotions du week end dans la ville qui a vu grandir Zizou, héros post-moderne désormais tragique, minot des banlieues Nord devenu icône, symbole du rêve américain à la Française…

Un café pour prendre son mal en patience en attendant le TGV du retour qui n’avait « que » deux heures de retard. Et oui, la « SNCF, c’est possible! » comme disait le slogan. « Soyez déjà heureuse que le train ait pu être réparé », a rétorqué le contrôleur sous sa casquette… Bref, du Prévert dans la France du 21e siècle!

Lundi 10 juillet, sur le Vieux Port… Porte d’Orient et d’Afrique… Parfums d’Italie aussi, de cette Italie victorieuse et désormais euphorique… Une euphorie qui tombe à pic pour oublier les scandales du Calcio, les dangereux errements de la politique-spectacle de Berlusconi, les doutes d’un pays qui ne fait plus d’enfant…

Sur la longue route de la Renaissance, la République Française, elle, aux lendemains de cette drôle de défaîte, se trouve à la croisée – sans mauvais jeu de mot – des chemins. Zinedine, le Fils de Kabyle, propulse sur le devant de la scène de la Planète Foot une réalité sociopolitique bien plus explosive que les Enjeux du Stade.

Après la geste magique de Zizou, son geste. Irréparable, inexcusable, inévitable? A-t-il vraiment raté sa sortie ou une autre partie débute-t-elle enfin? Zidane, le Fils d’Algérien, va-t-il s’exprimer sur les vraies questions qui rongent la France Black-Blanc-Beur? Il va bien devoir trouver les mots pour faire comprendre à tous ces gosses, les siens d’abord, le pourquoi du comment… Les racines de sa violence en réponse à la provocation perverse de Materazzi – notre ami Zorg a raison sur ce personnage (lire son commentaire).

Cette colère, cette destructivité seraient-elles aussi celles de la « France des Indigènes » dont l’intégration relève toujours du rêve et du fantasme… A quelques jours de la Fête nationale, l’Hexagone se réveille avec la gueule de bois, remâchant ses illusions perdues. La paranthèse festive et sportive a duré quatre semaines. Place, désormais, au principe de réalité, au 14 juillet qui se profile et à son rituel discours présidentiel.. Alors que Jacques Chirac a été boycotté hier par Zizou, Barthez, et Henry… Allez savoir pourquoi!

Ciao et bonne semaine à toutes et à tous,