London Calling

Oyez, oyez, les blogueuses et les blogueurs,

Quelle semaine, n’est-ce pas? Pour celles et ceux qui ne sont pas obnubilés par les Enjeux du Stade, ce vendredi 7 juillet n’est pas un jour comme les autres.

La terre a certes fait depuis une nouvelle révolution autour du soleil mais la planète vit toujours sous la menace d’un terrorisme protéiforme, « rhizomique ». Plus que jamais sans doute. Un terrorisme aux multiples visages, une nébuleuse dans laquelle l’hydre Al Qaida n’a pas le monopole de l’horreur.

C’était il y a un an. London sous les bombes… Au petit matin…

Quatre attentats.

52 victimes dont le seul tort était d’avoir pris le train ce matin là comme tous les autres matins. Plus de 700 blessés condamnés à survivre avec un symptôme post-traumatique ad vitam aeternam…

Quatre kamikazes, trois Britanniques d’origine pakistanaise et un d’origine jamaïcaine. Des jeunes gens sans histoire, bien insérés dans la société communautariste britannique… Et dont le vrai visage a explosé ce matin-là à la face d’un monde déboussolé…

« Le fanatisme est la mort de la conversation. On ne bavarde pas avec un candidat au martyre. Que dire à quelqu’un qui refuse de pénétrer vos raisons, et qui du moment que l’on ne s’incline pas devant les siennes, aimerait mieux périr que céder? », nous dit Cioran (1)…

Ayons la solidaire décence de nous souvenir des morts du 7 juillet. Et de nous rappeler qu’au lendemain du 11 Septembre, Jean-Marie Colombani éditorialisait dans Le Monde, avec cette maxime « Nous sommes tous Américains »…

En ce jour qui marque aussi le deuxième anniversaire de l’arrêt de la Cour internationale de Justice qui a déclaré illégal « le mur de séparation » israélien… Et dont personne ne semble avoir cure… Alors que les blindés de Tsahal se sont installés dans la bande Gaza, pourtant évacuée l’été dernier… Et que le « conflit israélo-palestinien » – comme il est pudiquement convenu de l’appeler – a fait plusieurs dizaines de nouvelles victimes depuis le début de la semaine…

« Le retrait de Gaza n’était qu’un miroir aux alouettes. La communauté internationale est tombée dans le panneau », nous explique le diplomate suisse Jean-Jacques Joris qui vient de terminer sa mission de trois ans dans les territoires palestiniens occupés. Et d’ajouter: « Gaza est une cage. Et on ne fait rien. ON se focalise sur des épiphénomènes…Quand il s’est agi du nouvel emblème de la croix rouge – ndlr: le Cristal qui a permis l’admission au sein du mouvement de la Croix rouge du Magen David et du Croissant rouge – là, on s’est décarcassé. Mais le problème n’est pas là! »

Bientôt soixante ans que la Terre Sainte ruisselle de sang et que, de part et d’autre, on semble s’accomoder d’un tel gâchis, d’une telle boucherie. Parce que, dit-on, que peut-on faire contre plus de 2000 ans d’Histoire… Le cycle attentat-représailles se perpétue avec la régularité du métronome et le temps laisse des cicatrices qui ne se refermeront pas…

Alors, quo vadis? « La question israélo-palestinienne ne se réglera jamais au sein de l’ONU », a affirmé dans les colonnes de la Tribune de Genève Hasni Abidi, le directeur du CERMAM (2). Tandis que le tout nouveau Conseil des droits de l’homme votait, à Genève, une résolution condamnant Israël et décidait d’envoyer une mission d’établissant des faits dans la bande de Gaza…

Comment ne pas se demander, avec le Dr Sarraj, psychiatre à Gaza, dans quelle mesure il ne faudrait pas revenir aux sources du conflit. A 1947… « Il faut un mandat de l’ONU en Palestine et à Jérusalem, comme avant la création d’Israël. », défend-il. Sans quoi…

Sans quoi Al Qaida s’installera inévitablement dans les Territoires, le fossé entre l’Occident et le monde arabo-musulman penchera vers l’abîme, et la pseudo thèse du clash des civilisations sera érigée en prophétie…

Est-ce de ce monde là que nous voulons pour nos enfants?

1) CIORAN, De l’inconvénient d’être né

2) CERMAM, Centre de recherches et d’études sur le monde arabe et méditerranéen

14 Comments

  1. Chère Edmée,

    c’est à nouveau Edmond, vous vous souvenez ?

    Aujourd’hui, Edmond s’inquiète pour Edmée. C’est que plus le temps passe et plus je vois poindre le choc émotionnel. Alors j’ai décidé d’agir et de vous prodiguer quelques conseils préventifs et curatifs.

    Dès dimanche 23h00… et des BLEUETS, votre mode de vie doit changer sinon, chère Edmée, le BLEU à l’âme vous guette !

    Commençons par la parole: PalsamBLEU, nom de BLEU, morBLEU, ventreBLEU, sacreBLEU et jarniBLEU vont désormais faire partie de votre vocabulaire.

    Côté cuisine, ensuite : il va falloir apprendre à devenir un vrai cordon BLEU. La cuisson de votre viande : BLEUE. Votre fromage préféré, qu’il soit d’Auvergne, du Cantal ou, plus proche de nous, de Gex : le BLEU. Côté poisson : des Rougets. Ah, non ! Faites attention, là, vous rechutez !!!

    Maintenant, le traitement de choc : Dès lundi, replongez-vous dans le beau livre de Régine Desforges, « La bicyclette BLEUE » avec, en fond musical, « Les mots BLEUS » de Christophe, vous savez, ceux qu’on dit avec les yeux. Un petit détour par l’oeuvre de Picasso, surtout sa période BLEUE bien entendu, puis, avant d’aller dormir, un bon film. Que diriez vous d’un Luc Besson : « Le Grand BLEU ». Ca tombe bien, l’histoire se déroule… en Italie ! On se console comme on peut !!! Possible aussi, pour varier les plaisirs : un bon film d’horreur. Une peur BLEUE ne peut vous être que profitable !

    Ah, j’ai juste oublié un petit détail : Dimanche soir, les « quivoussavez » vont jouer… en blanc. Mais que cela ne vous déstabilise pas ! La semaine prochaine, nous débuterons la seconde partie de la cure, en blanc bémol majeur : blancs comme neige, vous saurez y faire face, de but en blanc (si vous lisez deux buts en blancs, recommencez la cure !!!).

    Voilà chère Edmée ! Après cela, votre ciel redeviendra… BLEU comme l’azur ! Et comme vous dites chez vous, on va pas se laisser aller, de BLEU de BLEU !!!

    Votre dévoué.

    Edmond

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  2. Il y en a un qui, visiblement, n’a pas oublié l’actualité. C’est Materazzi, le joueur de l’équipe d’Italie.
    D’après certaines sources (cela reste cependant à vérifier), il aurait traité Zidane de « terroriste ». Sa manière à lui, sans doute, de commémorer les attentats de Londres. Materazzi est d’ailleurs un spécialiste de ce genre d’insultes, quand il ne joint pas le geste à la parole (un petit film circule sur le Net qui recense toutes ses provocations).
    Evidemment, cela n’excuse pas l’attitude de Zidane. C’est quand même dommage de sortir sur un coup de tête. En fait de bleu, pour répondre à Edmond, c’est plutôt une histoire de rouge: le numéro 10 français a vu rouge et s’est pris un carton de la même couleur.
    Saluons la victoire de l’Italie, regrettons cette sortie de l’équipe de France, qui n’a pas démérité. Après tout, il ne s’agit que de sport. Et puis, cette défaite nous a valu quelques beaux moments sur TF1 qui avait sorti les grands moyens dans l’attente d’une victoire. Voir Pernaut-le-démago meubler les vides avec un sourire crispé, puis passer d’un correspondant à l’autre pour constater que tous les supporters sont rentrés chez eux, c’était un grand moment de télévision.

    Zorg

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