Global, vous avez dit « Global »

« Global », vous avez dit « global » ?

Un début juillet en fanfare, au siège européen des Nations Unies, où ont défilé chefs d’Etat, fonctionnaires internationaux et chefs d’entreprises réunis au chevet de l’économie mondiale – « globalisée », selon le vocable idoine. Ce sont ainsi près d’un millier de participants qui se sont pressés au grand raout du « Global Compact Leaders Summit », initiative lancée en 2000 par Kofi Annan.

En tête des invités remarqués à Genève, l’actuel secrétaire général de l’ONU, le Sud-Coréen Ban Ki Moon; le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner; mais aussi le patron de Coca Cola Nevill Isidell, des représentants de Nokia, IBM, Fedex ou encore General Motors.

Deux jours de sommet pour une « Déclaration » fondée sur dix principes clés autour d’un fil rouge: renforcer la responsabilité des entreprises en matière de droits de l’homme, de protection de l’environnement et de lutte contre la corruption. Ce, au nom d’un « nouvel esprit » afin de promouvoir le « rôle sociétal du business » et contribuer aux fameux « Objectifs du Millénaire » de réduction de la pauvreté.

Mais, à l’heure où les puissants de ce monde réunis au pays de l’horloge fleurie planchaient sur cette « globalisation du global », dans la salle des pas perdus du Palais des Nations, à quelques mètres de là, s’affichaient sur des ordinateurs alignés et bien esseulés le timide message suivant: « Apologies: Internet Access Not Available » (Nos excuses: accès internet indisponible ».)

Va pour le Global Compact… Quant à un « Global Contact », il semble bien devoir attendre… 

Claudine Girod/Palais Des Nations
Chronique Onusienne publiée dans la Lettre hebdomadaire du Journal De Genève & Gazette de Lausanne

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