« Personne n’avait envie de rejeter les Boat People à la mer! »

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Extrait de mon interview de Serge July* qui fera l’objet d’un portrait dans le prochain numéro EDITO, le magazine suisse des médias.

A l’heure où de nombreuses voix s’élèvent pour s’insurger contre la « mare mortum », le patron de presse revient sur le drame des bateaux d’immigrants qui déferlent en Méditerranée.

« Parmi les reportages que j’ai pu lire ces derniers temps, ceux qui m’ont le plus marqué sont les articles très courageux des journalistes italiens. Ils n’ont pas hésité à se faire passer pour des Somaliens, sont partis d’Erythrée et du Niger, ont vécu dans les centres de rétention… J’ai beaucoup d’admiration pour eux. Et pourtant, je ne suis pas un fan de l’immersion journalistique. Mais dans des cas comme celui-ci… Car, allez voir les trafiquants d’êtres humains pour leur dire de se confesser j’y crois moyen ».

L’ancien boss de Libération s’émeut d’un tel  « désespoir humain qui dit l’état du monde ». Et de rappeler: « Pendant les années 70, personne n’avait pas envie de rejeter à la mer les boat people à la mer ni de couler leurs bateaux. Pas même le régime vietnamien! Pour les réfugiés africains aujourd’hui, c’est une autre affaire… C’est d’autant plus incompréhensible que ces populations regroupent des gens de toute origine. »

* Serge July vient de publier chez Plon Le Dictionnaire Amoureux du Journalisme