Lausanne calling : Les Gilets jaunes vus depuis la Suisse

Dans la France du Président Macron, jongler avec un caillou d’une main à l’autre lors d’une manifestation peut s’avérer périlleux. Et même vous valoir une condamnation en justice comme nous l’apprend le site d’information Rue89 Strasbourg. Par les temps qui courent, pour des peccadilles, vous risquez même d’écoper de peines de prison ferme.

La tournure que prennent les événements en France interroge. Face à une telle dérive autoritaire, certains se demandent même si sous Emmanuel Macron le pays ne prend pas le chemin d’une dictature. Elu au nom d’une France « En Marche », l’ancien ministre de l’économie de François Hollande apparaît bien davantage comme le leader d’un pays qui recule.

Pauvres Français, serait-on tenté de dire depuis la Suisse… Mais les Gilets Jaunes sont riches en fierté et crient tout haut leur mécontentement. Chez moi, en Suisse, il est bien rare que nous osions donner ainsi de la voix.

Bien sûr, parmi eux se trouvent quelques casseurs mais la très grande majorité d’entre eux sont de valeureux pères et mères de famille qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts, écœurés d’être payés au SMIC, ou rémunérés un salaire de misère depuis des années.

Et voilà maintenant qu’ils doivent aussi faire face aux violences policières…

Certains manifestants ont certes eux aussi parfois fait preuve de violence. Mais les CRS ne s’en sont pas pris qu’aux Gilets Jaunes. Ils se sont également attaqués aux journalistes qui faisaient leur travail dans le souci de couvrir l’actualité.

J’ai même visionné une vidéo où des policiers tenaient en respect dans une cour d’école des lycéens, forcés à s’agenouiller, les mains en l’air ou dans le dos.

Cette manière de faire des forces de l’ordre me paraît totalement disproportionnée. Même dans le cas où ces jeunes se soient montrés un peu provocateurs ou violents.

Je ne veux pas m’étendre davantage sur le sujet, n’étant pas un spécialiste de la France et n’y habitant pas. J’espère seulement que l’ambiance délétère qui y règne actuellement se résorbe.

De notre côté, nous, Suisses, devons faire attention à ce que la situation des pauvres – car nous avons aussi les nôtres, malgré les apparences – ne se dégrade pas.

Même si le peuple suisse est plus moutonnier que le peuple français, nul n’est à l’abri de ce que certains sèment… Espérons que notre gouvernement et certains acteurs économiques soient vigilants afin d’éviter une dégringolade.

Notre belle Helvétie doit préserver ses principes et valeurs démocratiques. Récemment, suite à une plainte, de jeunes chanteurs de la Riviera vaudoise rentrant d’un camp de vacances à Evian (France) ont été empêchés de chanter en gare de Lausanne un chant folklorique connu dans nos contrées sous le nom de « Le Ranz des Vaches », a révélé le journal en ligne « 20 Minutes » du 2 mai 2019. Anecdotique, me direz-vous ? Pas si sûr.

De telles atteintes à nos libertés ne devraient pas se reproduire. Ces petits faits, aberrants au demeurant, ne sont pas de bon augure. Puisse la Suisse ne pas suivre le chemin glissant emprunté par la démocratie française qui semble se diriger chaque jour davantage vers un régime autoritaire aux allures parfois dictatoriales.

Lausanne/ Par Jean-Luc Carrel / BWB-Press/ Bloggers Without Borders

Edité par Claudine Girod et Marie Sprauer