Les Larmes de Siniora

De retour de la campagne où j’ai « revisité » les Stone, Merci les INROCKs…

Les larmes de Siniora sur Euronews… ça commence bien… ce lundi 7 août…

« Unacceptable », He said. Yes, it is… Et pourtant, ça continue de pleuvoir, balles et obus… Sans parler du reste…

Il aura donc fallu le pathétique appel du premier ministre d’un tout petit pays en ruine pour qu’une délégation de la Ligue Arabe parte sur le champ au siège des Nations Unies… où est également attendue, ce mardi, Condie… Le ballet diplomatique continue…

Tandis que, sur d’autres champs – ceux de bataille – l’on tombe…

Le Liban-Sud, désormais coupé du pays, survit sous couvre-feu…

Kellenberger est à Beyrouth;

L’aide humanitaire ne passe pas…

Le fleuve Litani – cela ne s’invente pas – forme une nouvelle frontière… toute « naturelle »…

Pas de « limitation » à l’action de Tsahal, dixit Olmert…

L’armée libanaise rappelle ses réservistes…en vue de les déployer au Liban Sud

Quatre rapporteurs spéciaux de l’ONU, manifestement cantonnés à la maison, expriment « leur extrême préoccupation »…

CNN, G. W. Bush speaking from Crawford, TEXAS… Morceaux d’anthologie…

Nasrallah qui finit par devenir « sympathique » pour nombre de Libanais comme de Palestiniens…

Tout cela ne dit vraiment rien qui vaille…

Petit rappel sémantique – cela ne peut pas faire de mal – CESSEZ-LE-FEU: Nom masculin, invariable = cessation des hostilités (Petit Larousse)

Allez, il est presque minuit aux clochers de la Cité de Calvin, je quitte le poste du guetteur avant que ma caboche ne se transforme en citrouille!

A domani!

10 Comments

  1. Ah, oui: excellent le numéro spécial des Inrock sur les Stones. Il y a notamment la photo de couverture, où tout le mythe s’affirme déjà. Bien observer les poses, les expressions et surtout les tenues des membres du groupe.

    Evidemment, les Stones, c’est pipi de chat envers ce qui se passe au Liban. Pierres qui roulent ici, pierres pulvérisées là, « Barbara, quelle connerie la guerre! ».
    Un encart de l’Union Libanaise culturelle en Suisse dans la Tribune. Des ruines, des enfants morts, la marée noire… On reste là, impuissants, « ça va encore durer longtemps? ».
    On pense aux Frêres Karamazov: si Dieu a permis une seule fois la souffrance d’un enfant, alors je me battrai contre ce Dieu-là. Dieu au centre, en appui sur une montagne de dollars (excellent Rebond d’un auteur israélien sur ce thème dans Libé d’hier, avec la religion-prétexte et les marchands d’armes qui se frottent les mains).

    Sympathy for the Devil

    Zorg

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  2. Salut Zorg, fidèle au poste, je vois… Contente de te lire… C’est vrai, ce papier dans « Rebonds » était très intéressant… Il nous reste la lecture pour tenter de continuer de penser clair…

    J’aimerais bien savoir ce qu’Egdar Morin en pense de tout cela…
    Lui qui vient de gagner en appel au sujet de cet article dans le Monde intitulé « Le cancer palestinien » qui lui avait valu lui aussi (!!!) d’être taxé d’antisémite…

    Il y a quelques trouvailles à faire dans le dernier numéro de la Revue « Médias… Lire entre les lignes »

    A part ça, as-tu lu les deux pages de BHL « l’écrivain » de retour d’Israël publiées voilà une dizaine de jours? Je reste sur ma fin, je ne sais pas, il y a quelque chose qui me gêne…

    A te lire,

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  3. Oh, le beau lapsus: je reste sur ma « fin »…

    Non, pour B.-H.L., ça me tombe des mains. S’est toujours trompé sur tout, un peu comme Adler (ah, les prévisions d’Adler sur l’ex-URSS dans Globe, juste avant l’effondrement du mur. Un grand moment de n’importe quoi. Une vision, oui, mais qui ne regarde que ses propres convictions, comme chez Bernard-Henri. Du coup, l’un et l’autre passent à côté de l’histoire à force de se regarder dans le miroir). Mais tirer sur B.H.L. n’est même pas intéressant: c’est un peu comme de critiquer la télé-réalité, ça n’apporte rien, d’ailleurs on s’en fous…

    Zorg

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  4. Trouvé sur le net, cette « Lettre à des Israéliens », de l’auteure Dominique Eddé:

    Lettre à des Israéliens

    « Que vous a rapporté votre inflexibilité ? La terreur aux portes de vos maisons, un univers enfermé, hostile à toute différence : le contraire de la pensée juive universelle qui nous a tant donné »
    de Dominique Eddé

    Vos choix, à l’heure qu’il est, nous concernent tous. Je m’adresse ici à ceux d’entre vous qui approuvent cette guerre. Plus de 80% du peuple israélien. Au nom de votre sécurité, vous avez donné à vos gouvernants le droit de mettre à terre deux peuples et deux pays, la Palestine et le Liban. Sur quoi se fonde votre confiance renouvelée dans le pouvoir des bombes ? En quoi cette vision de soi sans l’autre est-elle une manière d’affronter la réalité, de protéger votre avenir ?

    Si seulement vous saviez le montant de violence et de haine que sèment vos chars et vos avions, si vous saviez le long chemin que tant d’entre nous, vos voisins, ont fait pour vous comprendre, vous connaître, vous reconnaître, vous auriez peur de votre peur, peur du fourvoiement qu’elle vous inspire.

    Vous useriez de la force écrasante qui est la vôtre pour ne confier la paix qu’à l’application du droit : au retrait de vos troupes de tous les territoires occupés, au démantèlement de toutes les colonies, au respect de la légitimité du gouvernement palestinien. Le recours à la toute-puissance militaire ne vous a-t-il pas donné la preuve en Palestine, ainsi qu’à vos alliés américains en Irak, de son impuissance à mettre la réalité au pas de vos désirs ?

    Vos gouvernants ont beau mettre le feu au paysage qui vous effraie, plus ce paysage brûle, plus il vous fait peur.

    La réalité que vos chars et vos avions prennent pour cible – vies humaines, maisons, routes, villes et villages -, à peine l’avez-vous démolie qu’elle vous échappe. Si tangible, si spectaculaire soit-elle, la conquête qui est à la portée de vos soldats est un leurre. C’est, certes, une domination de l’espace, mais le temps ? Comment espérez-vous l’atteindre ?

    C’est pourtant lui votre ennemi, c’est lui qu’il vous faut amadouer, apprivoiser. Car cet espace, quoi que vous fassiez, est habité par un monde qui survit à ses morts et qui n’est pas le vôtre. Plus vous le détruisez, le rasez, l’effacez, plus sa mémoire grandit et se transforme en haine. D’elle, de cette mémoire embrasée, vous ne pourrez jamais vous faire obéir. Si loin soit-elle de la vôtre, plus rien ne sert de la nier et de lui faire porter le crime qui fut perpétré contre votre peuple. Ce n’est pas ici, c’est en Europe que le peuple juif a enduré l’horreur. Et c’est encore là-bas qu’un certain nombre de vos alliés, au prétexte de vous défendre, ne soutiennent vos guerres que pour mieux s’acquitter de leur culpabilité. Ne vous laissez pas berner par le silence approbateur du monde. Ralliez plutôt vos dissidents qui seront un jour l’honneur de votre histoire.

    Les mouvements islamistes vous font peur ? Le Hamas et le Hezbollah vous menacent ? Il vous faut en finir, les rayer de la carte, les arracher comme des arbres, jusqu’aux dernières de leurs racines ? Vous ne pouvez pas, vous ne pourrez pas y parvenir. Voyez l’Irak démembré, décomposé, soumis depuis trois ans au rythme quotidien de ses plusieurs dizaines de morts et de blessés. Voyez maintenant le Liban, sur lequel votre armée s’acharne de tous côtés. Quel trophée vous attend à l’horizon des morts et de l’exode que vous causez ? Aucun.

    La presque totalité de la population chiite libanaise – soit près de 40% du peuple – soutient le Hezbollah, qui, souvenez-vous, est né en 1982 pour résister à la première invasion du Liban par vos troupes. Depuis, ce n’est plus seulement un parti armé, c’est une organisation sociale, politique, économique, un mode de pensée, une force incontournable.

    Celle-ci, bien qu’alliée à l’Iran, n’est en aucun cas un corps étranger au Liban, elle en est désormais, que cela vous plaise, que cela nous plaise ou pas, une partie constituante, déterminante. Rêver son éradication à coups de bombes, c’est rêver de faire marcher un homme en lui coupant les jambes.

    C’est aussi exposer le Liban aux risques d’une nouvelle guerre civile. Seul le temps – encore lui – permettait, aurait peut-être permis, le lent réajustement des équilibres interlibanais. Votre Etat n’a cessé d’essayer, durant les cinquante-huit ans de son histoire, de troquer l’application du droit contre celle de la force. En est-il plus avancé ?

    A présent, faisons les comptes. Mettons provisoirement de côté la souffrance endurée, une décennie après l’autre, par les Palestiniens, oublions un instant le droit du Liban, à n’être pas qu’un champ de ruines, qu’avez-vous gagné, vous, peuple israélien, à ne renoncer à rien ? Ou alors, si, soyons juste, vous avez renoncé au Grand Israël, mais en échange de quoi ? De quel territoire morcelé, de quelle invivable prison pour les Palestiniens ? Et pour finir, que vous a rapporté votre inflexibilité ? Quoi d’autre que la terreur aux portes de vos maisons ? Quoi de plus qu’un univers enfermé, hostile à toute différence : le contraire de la pensée juive universelle qui nous a tant donné ?

    Vos ennemis de la veille – les Arabes – sont défaits, totalement défaits. Ce monde qu’on appelait « le monde arabe » et que vous perceviez, de loin, comme la pire des menaces, il n’est plus que l’ombre de lui-même. Son peu d’existence, il ne la doit plus désormais qu’à sa langue, qui, soit dit en passant, n’est pas sans rapport avec la vôtre. Ses autres liens et ressorts n’ont plus d’existence. Ils sont politiquement morts. Ni les guerres du Golfe, ni les guerres du Liban et de l’Algérie, ni celles de la Palestine et de l’Irak, ni, aujourd’hui, votre réinvasion de ce pays harcelé qui est le mien, n’ont provoqué le moindre mouvement de solidarité arabe.

    Certains d’entre vous y voient peut-être le signe d’une première victoire. Ils auraient tort. Car ce monde vaincu, fini, décomposé, a donné à Israël, ainsi qu’aux grandes puissances, la mauvaise habitude de marcher au rythme et à la cadence que ceux-ci leur imposaient. Bon gré mal gré, il a, depuis la fin de l’Empire ottoman, réglé sa montre à l’heure occidentale, adopté un calendrier qui n’était pas le sien.

    Cette marche forcée ne fut pas, loin de là, le seul motif de ses naufrages mais elle y a contribué. Quoi qu’il en soit, le religieux, revenu en force sur la scène politique, a pris désormais le relais de l’arabisme. Et ce nouvel Orient déboussolé est, encore une fois, bien trop compliqué pour se laisser forger comme du métal par la seule volonté du couple israélo-américain et par le feu des bombes.

    La plupart des régimes arabes, que n’épuise aucun adjectif – répressifs, mensongers, traîtres et corrompus -, sont en état de survie artificielle. C’est l’islamisme qui prend désormais un peu partout, sous des formes diverses, le relais de l’arabisme. Ce fait vous déplaît ? A bien d’entre nous aussi, figurez-vous. Quand je dis « nous », je pense à tous ceux qui, dans les pays arabes, se sont battus en faveur d’une citoyenneté qui transcende les appartenances communautaires.

    Pour des millions d’hommes, ce raz de marée signe une énorme défaite. Il n’empêche : le principe de réalité n’est pas une image que l’on efface en appuyant sur la gâchette.

    Les équilibres ou les déséquilibres au sein de l’Islam, est-ce à vous ou est-ce aux musulmans eux-mêmes d’en décider ? Car le temps des islamistes, je me répète, n’est plus à la merci du vôtre. Vous aurez beau poursuivre leurs hommes de ville en ville, de pays en pays, les heures et les années qui sont les leurs n’ont plus de comptes à vous rendre. Tendez l’oreille, et comparez les discours arabes du siècle dernier avec ceux des actuels chefs religieux. Le débit des premiers est pressé, survolté, branché sur l’Occident, le second est lent, calme, indifférent à vos sommations, à vos ultimatums.

    Les islamistes ont donné un énorme coup de frein à la marche de l’histoire. Contre cette nouvelle horloge, vos bombes ne peuvent rien.

    Votre compréhension, en revanche, votre juste appréciation du court et du long terme peut initier un mouvement qui protège vos droits sans détruire les nôtres ; mieux : qui fasse de votre pays un pôle autour duquel se rallier, une démocratie ouverte et non pas un vase clos fondé sur la conscience abusive d’une supériorité intrinsèque. Le pari est risqué ? Certes. Il est déjà trop tard ? Peut-être. Mais y a-t-il une autre voie qui ne soit suicidaire ?

    Née à Beyrouth, Dominique Eddé, qui vit aujourd’hui à Paris, a publié :

    En 1989 « Lettre posthume » chez Gallimard
    En 1992, « Beyrouth centre-ville » (Cyprès)
    En 1999, « Pourquoi il fait si sombre ? » (Seuil)
    Son dernier roman, « Cerf-volant », a été publié en 2003 dans la collection l’Arpenteur chez Gallimard

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  5. Ping: Hannah

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